Vanessa Bell

1985
Mention de source
Justine Latour

Biographie

Poète, performeuse, artiste, commissaire et activiste littéraire, Vanessa Bell est également directrice de la collection poésie aux Éditions du Quartz. Elle est l’autrice de deux recueils de poésie, d’une anthologie portant sur la poésie des femmes au Québec et d’un essai sur la baignade en eaux froides. Son écriture vive et tranchante et son engagement lui ont valu plusieurs bourses et distinctions au Québec comme à l’international. Depuis plus de quinze ans, elle collabore à plusieurs revues, festivals et médias où elle traite d’arts et de littératures. Vanessa Bell est, sous le mentorat de Nicole Brossard, la première canadienne francophone à être soutenue par le programme Rising Stars de la Writers' Trust of Canada.

Entrevue

Lisiez-vous de la poésie quand vous étiez à l'école ? Y a-t-il un poème en particulier dont vous vous souvenez ?

À l’école je ne lisais pas de poésie. J’étais avide de littérature, mais davantage tournée vers les romans russes (ah, les grandes tragédies). Nous avons vu les poèmes de Nelligan uniquement en classe et, bien que j’avais une facilité désarmante à les analyser, je ne ressentais pas encore l’élan, l’émoi, que je ressens maintenant quand j’ouvre un livre de poésie actuelle ou contemporaine.

De manière plus générale, plusieurs poèmes d’autres poètes me viennent en tête chaque jour. J’ai tendance à retourner souvent à ceux de Geneviève Blais, Annie Lafleur, Kim Doré, Emmanuel Simard.

je suis venue toute seule j’ai laissé ma peau dehors je suis venue tout nue j’ai pendu ma carcasse par le cou maintenant que j’arrive que je suis rendue je n’ai plus peur de rien pas même des sauvages qui me remontent le long des jambes (extrait lecture Roxane Desjardins au OFF Festival de poésie de Trois-Rivières, 2013)

Quand avez-vous commencé à écrire de la poésie ? Et quand avez-vous commencé à vous considérer poète ?

J’ai commencé à écrire de la poésie il y a une dizaine d’années. Même si les gens autour de moi me qualifiaient de poète, je crois — je me déçois un peu d’ailleurs avec le recul — que je n’ai commencé à me considérer comme poète que depuis la parution de mon premier recueil (2019). C'est comme si la publication rendait le tout tangible, réel. Pourtant, je crois en toutes les formes de poésie, publiées ou non. 

Comment voyez-vous le « travail » des poètes ?

La poésie est assurément une posture devant le monde. Les poètes font un travail essentiel : dire le monde autrement, se rappeler à nos mémoires. En ce sens, ils font un travail sur ce qui est sensible en offrant aux autres des accès à des parts d’eux-mêmes oubliées, cachées. Les poètes jouent avec les lectrices et lecteurs, rappellent que tout est possible lorsqu’on se donne la permission. Les poètes mettent le feu pour le potentiel des cendres.

Si vous deviez choisir un poème à mémoriser dans notre anthologie, lequel serait-ce ?

« Nous étions là toutes les quatre » de René Lapierre

Publications

Titre
De rivières
Maison d'édition
La Peuplade
Sous la direction de
Mylène Bouchard
Date
octobre 2019
Type de publication
Recueil
Titre
MONUMENTS
Maison d'édition
Éditions du Noroît
Sous la direction de
Charlotte Francoeur
Date
mai 2022
Type de publication
Recueil
Titre
Anthologie de la poésie actuelle des femmes au Québec 2000-2020
Maison d'édition
Remue-ménage
Sous la direction de
Vanessa Bell et Catherine Cormier-Larose
Date
8 mars 2021
Type de publication
Anthologie
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